Histoire

Les indigènes

Depuis des temps immémoriaux et jusqu’à ce jour, au sud de l’île de Pentecôte au Vanuatu, des indigènes sautent depuis des tours de bois (Gaul) spécialement aménagées jusqu’à 30 mètres de haut ! Les sauts sont avec une réelle chute libre et uniquement attachés aux pieds par des vignes. L’exécution idéale d’un saut est de toucher avec le front le sol situé en pente. Ce rite était traditionnellement associé au cycle annuel de récolte et aux croyances religieuses. L’action de sauter sert à libérer un homme de la peur, de prouver sa détermination, sa force et son courage afin de passer à  » l’âge adulte « …

Les années 80 : le début du Bungy !

Le Bungy (saut à l’élastique) moderne est très semblable au saut des indigènes. Les premiers sauts à base de latex ont été réalisés le 1er avril 1979 à partir d’un pont de 76 mètres aux États-Unis par David Kirk et Simon Keeling. L’idée a été reprise par le nouveau zélandais AJ Haykett. Les premiers sauts qu’il a effectué étaient en France à partir d’un téléphérique, et en 1987 il a effectué un saut illégal du premier étage de la Tour Eiffel d’une hauteur de 114 mètres, ce qui a suscité beaucoup d’attention sur le bungy à cette époque. Le principe de fonctionnement du système d’amortissement et la philosophie du bungy sont très différents de celui du saut pendulaire.

Les année 90 : le saut pendulaire apparait !

Les cordes sont utilisées depuis des milliers d’années, des traces de cordages de chanvre ont été découvertes en Tchécoslovaquie en 1997, faisant remonter probablement la maitrise de cette technique à plus de 25 000 ans avant J.C. Néanmoins il faudra attendre 1950 pour voir apparaitre les premières cordes synthétiques. C’est qu’au début des années 90, suite à un fort développement des cordes d’escalade et d’alpinisme à partir du polyamide (nylon), les cordes atteignent une bonne résistance, des propriétés stables et permettent d’absorber des chutes.

Alors que le saut à l’élastique fait de plus en plus d’adeptes on commence à entendre parler de saut avec des cordes… Plus communément appelé « Pendule » on fait souvent l’amalgame entre deux catégories de saut pendulaire que l’on peut classifier ainsi  :

Le « Rope Swing » : c’est le système de saut pendulaire le plus anciens de par son principe simple. Les cordes de saut « jumping rope » sont connectées sur un ancrage statique, généralement un pont, mais se pratique également de falaise. Compte tenu de l’élasticité des cordes le sauteur effectue un saut « cordes tendues » et se fait très vite reprendre en tension afin de dissiper son énergie dans un mouvement de balancier dit pendulaire.

Le « Rope Jump » : c’est la forme de saut de cordes la plus complexe car elle réside d’un montage très spécifique alliant des cordes de saut dites « jumping rope », qui sont connectées à un pont de cordes appelées « base rope ». Ces fameuses « base rope » constituent un ancrage dynamique qui offre la possibilité de sauter avec des « jumping rope » très molles afin d’exploiter le maximum de chute libre avant que notre énergie soit dissiper de façon progressive par le biais des « base rope ». Le Rope Jump s’apparente au B.A.S.E jump car le jumpeur profite d’une chute libre vraiment conséquente. Le matériel utiliser est souvent le même comme la wingsuit ou la tracksuit. Les zones de saut sont souvent les mêmes et s’effectue depuis plusieurs structures différentes comme de ponts, immeubles, antennes, cheminées… mais aussi de falaises !

1996

Le célèbre grimpeur Dan Osman (Daniel Eugene Osman) précurseur dans le saut pendulaire a commencer à sauter avec une corde depuis le « Foresthill bridge » (Californie) d’une hauteur de 222m !

1998

Dan Osman équipent sans doute le premier saut pendulaire sur « base rope » depuis la fameuse « Learning Tower », le rope jump est né ! La profondeur de saut jusqu’à la cimes des arbres était d’environ 340 mètres. La profondeur de la chute libre est inconnue. Dan sautait sur une seule corde au lieu de deux qui sont utilisés dans les systèmes modernes. Osman est mort le 23 novembre 1998 suite à la rupture de son unique corde alors qu’il essayait de faire un saut encore plus profond. Cette personne est considérée comme l’ancêtre du rope jump moderne !

1998 – 2006

Après la mort de Dan Osman tout s’est arrêté aux états-unis mais la cinquième et la sixième partie des films d’escalade « Masters of the stone », où Dan a sauté ont interpellé des amateurs du monde entier. Le phénomène touche essentiellement le territoire de la CEI où plusieurs équipes ont lancé des sauts commerciaux. Les premiers sauteurs ont commencé de façon marginale, faisant des sauts simples à partir de ponts pas très hauts. Deux équipes de Moscou ont commencé à se démarquer par une approche plus élevée de l’organisation des sauts. Un forum «ropejumping.ru» est devenu un lieu d’échange et d’informations pour tous ceux qui s’intéressent au saut pendulaire. Le nombre d’équipes dans la CEI a littéralement explosé à cette époque ! Beaucoup d’entre eux ont fait des sauts commerciaux, mais seulement quelques équipes ont continué à repousser les limites de cette activité. En 2012, le site «ropejumping.ru» a perdu son rôle, les informations techniques recueillies ont une valeur plutôt historique car beaucoup d’informations sont fausses.

2008
Les premiers sauts avec des « base rope » obliques à partir d’un objet haut (Cheminée industriel 90 m) par l’équipe RAPT de Saint-Pétersbourg. Ce système permet de sauter d’un objet isolé, pas besoin d’un deuxième point d’ancrage situé à la même hauteur que le premier pour le saut, les cordes peuvent être fixées au niveau du sol. Avant ça les « base rope » étaient toujours horizontales.

2010
Le premier dépassement des enregistrements de Dan Osman 12 ans après sa mort !  L’équipe Rock’N’Rope (Zaporozhye, Ukraine) et l’équipe R.A.P.T (Saint-Pétersbourg, Russie) réalisent un nouveau record de 280 mètres de chute libre pour 360 mètres de chute totale en Norvège depuis les falaises du Kjerag !

 

2013

Le niveau moyen d’organisation des sauts a considérablement augmenté. Les événements et festivals, l’échange gratuit d’informations, les règles de sécurité et les solutions techniques réussies se sont largement répandus grâce à Internet. La croissance rapide des «inventions» s’est arrêtée, mais une perfection plus précise de différentes nuances se poursuit. C’est pourquoi la Fédération Internationale de Rope Jump (IRJF) à été créée par l’équipe Rock’N’Rope pour systématiser et normaliser les activités dans le domaine du saut de corde commercial.

2014

L’équipe Pyrénaline (France) et l’équipe Rock’N’Rope (Ukraine) accompagnés de l’équipe HighJump (Espagne), réalisent un saut à Montrebei (Espagne). Un nouveau record de 331m de chute libre pour 425m de chute totale ! Le premier « track or die » dans l’histoire du rope jump !

2014

L’équipe russe Drop Rope établissent un nouveau record de 496m depuis le Siduhe bridge (Chine) !

2017

L’équipe Polonaise Dream Jump aurait fait un nouveau record de 424m de chute libre pour 571m de chute totale en Norvège depuis les falaises du Kjerag.

Sauts en wingsuit, vélo, ski, à plusieurs… voici quelques « records » et variantes de saut pendulaire :

2012 : L’équipe russe Let’s Fly fait un saut entre 2 montgolfières de 1341m de chute libre pour 1623m de chute totale !

2016 : 149 personnes sautent d’un pont au Brésil en rope swing !

Pour les plus expérimentés voici quelques sauts de l’équipe Rock’N’Rope et l’équipe Pyrénaline en wingsuit :

2013 : L’équipe Pyrénaline fait un saut de 280m depuis une highline !

2015 : Toujours l’équipe Pyrénaline pour un saut avec des skis et snowboards cette fois :

Sauter avec un vélo ? Pas impossible avec l’équipe française LINKrope :

L’équipe russe SINNER est experte en suspension, voici un record un peu spécial car il s’agit de sauter arrimé directement sur la peau… Âmes sensibles s’abstenir !

ATTENTION L’ensemble de ces vidéos sont à titre informatif et ne constituent en rien un exemple de sécurité. Certaines des équipes présentes en vidéo sont répertoriées dans la Black list de la IRJF (International Rope Jump Fédération).